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Vente immobilière et droits donnant lieu à la relation de vente

Vente immobilière 

La vente de biens immobiliers constitue l'un des types de contrats les plus fondamentaux en droit turc des obligations, de par sa structure qui crée une obligation de transfert de propriété et est soumise à des exigences formelles strictes. Cette opération juridique, outre son objectif de transfert de propriété, implique un ensemble complexe de droits et d'obligations qui instaure une relation de confiance entre les parties. Dans le cadre du Code des obligations turc, la vente de biens immobiliers et les droits qui en découlent articles 237 à 246 , qui stipulent le transfert de propriété et les limitations légales qui y sont applicables.

Exigence de validité dans les ventes immobilières : Formulaire officiel 

Dans les contrats portant sur le transfert de propriété immobilière, la forme n'est pas seulement un moyen de preuve, mais une condition de validité du contrat. L'article 237 du Code des obligations turc encadre cette exigence à trois niveaux :

A. Vente immobilière et procédures formelles

, les contrats de vente immobilière sous une forme officielle .

  • Autorité compétente : Dans le système juridique turc, l’autorité compétente pour effectuer les démarches officielles relatives aux ventes immobilières est, en règle générale, le Bureau du registre foncier.
  • Pouvoir des notaires : Avec la réglementation légale adoptée en 2023, les notaires ont également été habilités à rédiger des contrats de vente immobilière, et ce processus répond également aux exigences formelles.

B. Forme d'autres droits donnant lieu à une relation commerciale

Le législateur a soumis à un régime strict non seulement la vente elle-même, mais aussi les accords préliminaires qui mèneront à une vente future :

  • Promesse de vente immobilière : Il s’agit d’une promesse faite selon laquelle un contrat de vente pour un bien immobilier sera conclu ultérieurement.
  • Droit d'achat (ordre de vente) : Ce droit confère à une personne le droit de devenir l'acheteur d'un bien immobilier par une déclaration unilatérale d'intention.
  • Droit de rachat (droit de préemption) : Il s’agit du droit du vendeur de racheter le bien immobilier qu’il a vendu sous certaines conditions.

Important : Les trois types de contrats ne sont valables que s'ils sont établis de manière formelle (rédigés devant un notaire)

C. Accord de préemption (Shufa)

Le droit de préemption confère à son titulaire la priorité d'achat du bien en cas de vente à un tiers. Le dernier paragraphe de l'article introduit une exception importante :

  • La forme écrite est suffisante : contrairement à d’autres droits, le droit de préemption découlant d’un contrat ne requiert pas d’accord formel pour être valable ; un simple accord écrit suffit à sa validité.

Régime de droits donnant naissance à une relation commerciale

Les droits de préemption (shufa), d'achat (istiha) et de rachat (wafa) sont des droits constitutifs qui donnent au titulaire le pouvoir d'exiger le transfert de propriété d'un bien immobilier.

A. Durée et commentaire (Article 238)

Afin de prévenir toute incertitude concernant l'immobilier, le législateur a restreint ces droits pour une période limitée

  • Durée maximale : Ces droits peuvent être convenus pour une durée maximale de 10 ans .
  • Effet de l'inscription : Une fois inscrite au registre foncier, cette inscription rend opposable les droits y afférents aux acquéreurs ultérieurs (tiers). La durée de l'inscription ne peut excéder la période prévue par la loi (généralement 10 ans).

B. Transfert et succession (Article 239)

Ces droits sont, en règle générale, conçus comme des droits personnels :

  • Règle générale : Sauf convention contraire, ces droits ne peuvent être transférés à un tiers.
  • Exception : Ces droits sont automatiquement transmis aux héritiers par succession
  • Condition de transfert : S'il a été convenu que le droit peut être transféré, le processus de transfert doit également être effectué conformément à la même forme (officielle ou écrite) que celle utilisée pour établir le droit initial.

 Exercice du droit de préemption 

A. La naissance et les limites des droits

Le droit de préemption peut être exercé lors de transactions où le bien immobilier est vendu à un tiers ou est économiquement équivalent à une vente (par exemple, un apport du bien immobilier en capital à une société). Cependant, il ne peut être exercé dans les cas suivants :

  • Le partage de l'héritage,
  • Vente aux enchères forcée (vente sous contrainte),
  • Des procédures assimilables à l'expropriation à des fins de service public.

B. Obligation et conditions de notification

Une fois la vente conclue, le vendeur ou l'acheteur est tenu d'en informer le titulaire du droit de préemption par acte notarié . Sauf convention contraire, le titulaire du droit de préemption acquiert la propriété aux mêmes conditions qu'au moment de l'acquisition par le tiers (prix, modalités de paiement, etc.).

C. Délai de prescription

L’exercice du droit de préemption par voie judiciaire est soumis à des délais stricts :

  • 3 mois : Ce délai court à compter de la date de notification de la vente par un notaire.
  • 2 ans : Même en l'absence de notification, le délai court à compter de la date de vente.

Régime juridique et processus de gestion des droits découlant des relations de vente

Le Code des obligations turc encadre strictement les droits de préemption (shufa), d'achat (istiha) et de rachat (vefa), qui limitent le droit de disposer d'un bien immobilier ou d'en acquérir la propriété ultérieurement. Ces droits protègent la sécurité du bien et les priorités de ses titulaires, tout en étant assortis de mécanismes visant à prévenir la prolongation indéfinie de l'incertitude qui l'entoure.

A. Durée, commentaire et transmission par héritage

Ces droits, qui confèrent l'autorisation d'acquérir un bien immobilier, peuvent être conclus pour une durée maximale de dix ans . Leur inscription au registre foncier leur confère un caractère tangible, permettant de les faire valoir contre les acquéreurs ultérieurs. Bien que le principe du caractère strictement personnel prévale en droit, le législateur a prévu la transmission de ces droits par succession ; toutefois, leur cessibilité est subordonnée à la conclusion d'un contrat remplissant les conditions formelles (officielles ou écrites) requises pour la constitution du droit initial.

B. Domaines et limites de l'exercice du droit de préemption 

Le droit de préemption s'applique non seulement aux ventes classiques, mais aussi à toute opération visant le transfert de propriété et économiquement équivalente à une vente (par exemple, un apport immobilier en capital). Toutefois, ce droit est juridiquement impossible à exercer en cas de transfert involontaire, comme la dévolution d'un bien à un héritier lors du partage d'une succession ou une vente forcée. L'obligation essentielle qui incombe alors au vendeur ou à l'acquéreur est d'informer le propriétaire légitime de la vente par acte notarié .

C. Garanties prévenant la perte de droits et délai de prescription 

Conformément au principe de bonne foi dans les litiges, la résiliation du contrat de vente par accord mutuel entre l'acheteur et le vendeur, après l'exercice du droit de préemption, ne peut être invoquée à l'encontre du titulaire de ce droit. Cette disposition constitue une règle impérative empêchant les parties de contourner le droit de priorité par des transactions frauduleuses. L'exercice de ce droit par le titulaire est également soumis à des délais stricts : trois mois , et en tout état de cause, deux ans . Le caractère définitif de ces délais vise à stabiliser au plus vite l'incertitude qui entoure la propriété immobilière.

 Performance, responsabilité et transfert des risques dans la vente immobilière

Bien que la vente d'un bien immobilier soit un processus finalisé par son enregistrement, le délai entre cet enregistrement et la livraison effective engendre divers risques juridiques. Le législateur a prévu des dispositions spécifiques pour répartir ces risques.

A. Vente conditionnelle et interdiction de réserve de propriété 

Lors des ventes immobilières, l'enregistrement de la propriété devrait, en règle générale, être inconditionnel.

  • Condition suspensive : Si la vente est conditionnelle à un événement précis, l’inscription au registre foncier ne peut être effectuée tant que cette condition n’est pas remplie.
  • Interdiction de la réserve de propriété : Si la clause « le bien m’appartient jusqu’à réception du paiement » (réserve de propriété) est possible lors de la vente de biens meubles, elle est strictement interdite pour les biens immeubles. Le principe de transparence et de sécurité du cadastre ne permet ni la fragmentation ni la réserve de propriété.

B. Responsabilité pour les défauts de surface et les vices de construction

Les divergences entre les caractéristiques physiques du bien et les données figurant dans l'acte de propriété ou le contrat engagent la responsabilité du vendeur

  • Violation du contrat : Si la superficie du bien s’avère inférieure à celle promise dans le contrat, le vendeur est tenu de verser une indemnité.
  • Exception relative aux mesures officielles : Si la superficie est enregistrée au cadastre sur la base d’une mesure officielle (données cadastrales), le vendeur est tenu à l’indemnisation, sauf s’il garantit expressément cette superficie. Le recours au cadastre est ici essentiel.
  • Délai de prescription : Des délais spécifiques sont prévus pour les défauts de construction. Le délai pour intenter une action en justice est généralement de 5 ans , mais il est porté à 20 ans en cas de faute lourde du vendeur (vice caché, fraude, etc.) .

C. Transfert des avantages et des risques 

En matière de vente immobilière, la règle est que les avantages et les risques sont transférés à l'acheteur dès l'enregistrement. Toutefois, la disposition particulière introduite par cet article est la suivante :

  • Enregistrement de la livraison : Si les parties ont convenu par écrit que le bien sera livré à une date postérieure à l’enregistrement , les risques et les avantages sont transférés à l’acheteur au moment de la livraison effective , et non au moment de l’enregistrement
  • Défaut de paiement : Si l’acheteur tarde à prendre livraison des marchandises (se retrouve en situation de défaut de paiement), les dommages sont considérés comme ayant été transférés à l’acheteur.

 Application par analogie de la réglementation relative à la vente de biens meubles

Dans tous les cas non couverts par la section relative à la vente de biens immobiliers (par exemple, le défaut du vendeur, les détails de la responsabilité en cas de saisie, etc.), les dispositions relatives à la vente de biens mobiliers s'appliquent dans la mesure où elles sont appropriées (par analogie).

4. Vente de biens immobiliers aux enchères publiques

Dans les ventes aux enchères, la phase d'« enchères », qui correspond au moment de la formation du contrat, est soumise à des règles plus strictes que dans les ventes de biens meubles.

A. Le principe de l'enchère immédiate

Lors des ventes aux enchères immobilières, la règle est que la procédure doit être menée rapidement. Conformément à l'article 277, la vente doit être conclue ou annulée dès la fin des enchères.

  • Sécurité juridique : Cette règle garantit au meilleur enchérisseur (celui qui soumet l’offre la plus élevée) la durée de son engagement. Si la vente aux enchères n’a pas lieu malgré un délai anormalement long après le dépôt des enchères, l’enchérisseur est libéré de son obligation.

B. Engagement du soumissionnaire et conditions interdites

La loi invalide toute clause d’« engagement indéfini » qui serait préjudiciable au soumissionnaire :

  • Condition invalide : Si une condition est incluse dans le contrat stipulant que « l'engagement du soumissionnaire se poursuivra même après l'augmentation (par exemple, pendant 1 semaine) », cette condition est absolument nulle et non avenue.
  • Son but est d'empêcher que la volonté de l'acheteur ne soit indéfiniment suspendue et que le vendeur n'attende arbitrairement, et de garantir que le système d'enchères fonctionne dans le respect des règles d'équité.

C. Exceptions : Augmentations forcées et approbation publique

Les règles relatives à « l’offre immédiate » et à « la résiliation de l’engagement » mentionnées ci-dessus ne s’appliquent pas dans les deux situations suivantes :

  1. Ventes aux enchères obligatoires : Dans les ventes réalisées en vertu de la loi sur l’exécution forcée et la faillite, cette règle est assouplie car des délais et des procédures supplémentaires sont prévus pour l’achèvement du processus légal.
  2. Approbation d'un fonctionnaire public : Si la validité de l'offre nécessite l'approbation d'une autorité locale ou d'un fonctionnaire public (comme dans le cas de la vente de biens municipaux ou de fondations), l'engagement du soumissionnaire demeure jusqu'à ce que le processus d'approbation soit terminé.

Litiges immobiliers

Les litiges relatifs aux ventes immobilières occupent une place importante dans le système juridique turc, en raison de la valeur économique élevée des biens et des exigences formelles strictes du processus de vente. Ces litiges s'étendent généralement sur une longue période, depuis la conclusion du contrat jusqu'à la découverte de vices cachés après l'enregistrement du titre de propriété.

Voici les types de litiges les plus courants dans les ventes immobilières et comment les résoudre :

Types fondamentaux de litiges

A. Non-respect du formulaire et des ventes externes

Les litiges les plus fréquents surviennent lors de ventes effectuées en dehors du registre foncier (non pas sous la forme d'un « acte » chez un notaire, mais sous forme écrite simple).

  • Litige : L'acheteur a payé le prix, mais le vendeur refuse de transférer le titre de propriété.
  • Conséquence juridique : Les ventes immobilières réalisées sans respecter les formalités requises sont nulles. Toutefois, la Cour suprême considère parfois qu’il est contraire au principe de bonne foi pour le vendeur d’invoquer un « vice de forme » lorsque le prix a été intégralement payé et que le bien a été livré.

B. Défauts relatifs à la superficie et à la qualité du bien 

  • Litige : La superficie de la maison ou du terrain acheté s'avère inférieure à celle indiquée dans le contrat, ou son zonage diffère de ce qui avait été promis.
  • Solution : Bien que le vendeur ne soit pas responsable des erreurs de mesure figurant au registre foncier officiel, sauf s'il a expressément entrepris cette tâche, il s'expose à l'obligation de verser une indemnisation s'il a promis un certain montant dans le contrat.

C. Défauts structurels et défauts cachés

  • Litiges : Problèmes de plomberie, défauts d'isolation ou problèmes structurels survenant après la livraison.
  • Délai de prescription : Le délai de responsabilité pour les défauts d'un bien immobilier est généralement de 5 ans, mais si le vendeur est coupable de négligence grave (dissimulation du défaut), de 20 ans.

D. Violations du droit de préemption (Shufa)

  • Litige : En cas de copropriété, un copropriétaire vend sa part à un tiers sans en informer les autres copropriétaires.
  • Solution : Les autres actionnaires peuvent intenter une action en préemption dans les 3 mois suivant la notification de la vente par un notaire, demandant l'inscription de l'action à leur nom

 Tribunaux compétents et dotés d'une autorité

Dans les litiges immobiliers, la question de savoir « où intenter une action en justice » est déterminée par la nature du litige :

  • Tribunaux de la consommation : Si l’acheteur a acheté la maison auprès d’une entreprise de construction (entrepreneur) à des fins résidentielles, le litige sera entendu devant le tribunal de la consommation.
  • Tribunaux civils de première instance : Ce sont les tribunaux compétents en matière générale pour les litiges de vente entre deux parties ou pour les affaires concernant l’annulation et l’enregistrement des titres de propriété.
  • Tribunaux de commerce de première instance : Ces tribunaux sont compétents si le litige concerne les activités commerciales des deux parties.

Règle de compétence exclusive : En matière de propriété immobilière, lieu où se situe le bienest exclusivement compétent. Cette règle est irrévocable.

Méthodes et procédures de résolution

1. Décision relative à l'injonction provisoire

Dans les litiges immobiliers, l'étape cruciale une mesure conservatoire . Cette inscription au registre foncier garantit la protection du droit acquis à l'issue du procès.

2. Avis d'expert et inspection sur place

Le tribunal procède à une inspection sur place du bien . Un panel d'experts composé d'ingénieurs civils et de techniciens du cadastre identifie toute déficience, tout défaut ou toute anomalie de superficie sur le site et rédige un rapport.

3. Médiation

Certains litiges relatifs au transfert de biens immobiliers (notamment ceux découlant de transactions commerciales et de consommation) une médiation obligatoire .

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