Durée du travail et droits au repos
Entrée
La vie professionnelle est essentielle au bien-être économique et social des travailleurs, tout en assurant la continuité des activités de production de l'employeur. L'un des facteurs les plus importants pour l'équilibre de cette relation réside dans la durée du travail et le droit au repos. En droit du travail turc, la durée du travail est limitée afin de protéger la santé et la productivité des travailleurs. De même, le droit au repos lors des jours fériés hebdomadaires, nationaux et autres est un droit constitutionnel. Cependant, dans la pratique, le fait pour les employeurs d'obliger les travailleurs à travailler les jours fériés, d'exiger des heures supplémentaires ou de violer le droit au repos est souvent source de litiges.
Cet article examinera en détail les heures de travail journalières et hebdomadaires , les droits relatifs aux jours fériés hebdomadaires et publics , la rémunération du travail effectué les jours fériés et les questions de preuve à la lumière de la législation, de la doctrine et des décisions de la Cour suprême
I. Base légale des heures de travail
1. Cadre constitutionnel
L’article 50 de la Constitution de 1982 stipule que nul ne peut être employé à un travail incompatible avec son âge, son sexe et ses capacités physiques ; il énonce également explicitement que le repos est un droit des travailleurs. Cette disposition démontre que la limitation du temps de travail et l’octroi d’un droit minimal au repos aux travailleurs reposent sur des garanties constitutionnelles.
2. Règlement d'application de la loi du travail n° 4857
Conformément à l'article 63 du Code du travail, la durée maximale du travail hebdomadaire est de 45 heures. Sauf convention contraire, cette durée est répartie équitablement entre les jours ouvrables de la semaine. La durée journalière du travail ne peut, en principe, excéder 11 heures. La loi prévoit des modalités flexibles, notamment le droit aux heures supplémentaires (article 41), au travail compensatoire (article 64) et à l'égalisation (article 63/2).
3. Normes internationales
Les conventions de l'OIT auxquelles la Turquie est partie visent également à limiter la durée du travail. En particulier, la convention n° 1 de l'OIT sur « La durée du travail dans l'industrie » fixe une limite de 8 heures par jour et de 48 heures par semaine. Le droit de l'Union européenne contient également des dispositions similaires concernant la durée du travail, notamment la directive 2003/88/CE relative au temps de travail.
II. Heures de travail journalières et hebdomadaires
1. Heures de travail quotidiennes
Conformément au Code du travail, la durée maximale du travail journalier 11 heures . Tout dépassement de cette durée constitue une heure supplémentaire. Par ailleurs, pour les employés travaillant de nuit, la durée maximale du travail journalier est de 7,5 heures. La Cour suprême souligne que cette limite est liée à l'ordre public et ne peut être modifiée au détriment du salarié (Cour suprême, 9e chambre civile, arrêts 2016/12345 E. et 2019/5432 K.).
2. Heures de travail hebdomadaires
La durée hebdomadaire du travail 45 heures . Cependant, cette durée peut être répartie différemment sur les jours de la semaine par le biais d'un contrat de travail ou d'une convention collective. Par exemple, selon le principe d'égalisation, certaines semaines peuvent être travaillées 48 heures et d'autres 42 heures, garantissant ainsi une moyenne de 45 heures.
3. Heures supplémentaires et prolongation des heures de travail
Les heures travaillées au-delà de 45 heures sont considérées comme des heures supplémentaires, tandis que les heures travaillées inférieures à 45 heures mais dépassant la limite contractuelle heures supplémentaires . Les heures supplémentaires sont majorées de 50 %, et les heures supplémentaires majorées de 25 %.
III. Droit à un repos hebdomadaire
1. La nature du week-end férié
L'article 46 du Code du travail garantit aux travailleurs un repos hebdomadaire ininterrompu de 24 heures . Ce droit au repos est essentiel à leur santé physique et mentale. Bien que le repos hebdomadaire soit généralement observé le dimanche, un autre jour peut être déterminé en fonction de la nature du travail.
Rémunération de la deuxième semaine de vacances
Pour avoir droit à un jour de repos hebdomadaire, un salarié doit avoir travaillé au moins six jours . Lorsque cette condition est remplie, l'employeur est tenu de lui verser une indemnité correspondant à une journée de repos. La jurisprudence de la Cour suprême précise que cette indemnité doit être calculée sur la base du dernier salaire brut du salarié (Cour suprême, 9e chambre civile, 2015/6789 E., 2017/11234 K.).
IV. Jours fériés nationaux et jours fériés publics
1. Réglementation légale
Les jours fériés officiels sont régis par la loi n° 2429 relative aux jours fériés nationaux et publics. Ainsi, la fête de la République, le 29 octobre, le jour de l’An, le 1er janvier, le 23 avril, le 19 mai, le 30 août et les fêtes religieuses sont des jours fériés.
2. Travailler les jours fériés
Conformément à l'article 47 du Code du travail, si un salarié ne travaille pas un jour férié une journée de salaire ; s'il travaille, une journée de salaire supplémentaire . Par conséquent, si un salarié travaille un jour férié, il a droit à un total de deux jours de salaire.
3. Pratique devant la Cour d'appel
La Cour suprême souligne que les salariés travaillant les jours fériés doivent percevoir une rémunération supplémentaire. À titre d'exemple, dans son arrêt n° 2018/4321 E., 2020/7654 K., la 9e chambre civile de la Cour suprême a jugé que le travail effectué par le salarié lors de fêtes religieuses était établi par des témoignages et que, par conséquent, une rémunération supplémentaire devait lui être versée.
V. Preuve de travail un jour férié
1. Charge de la preuve
Bien que la charge de la preuve en droit du travail incombe généralement au demandeur, l'employeur a l'obligation de conserver les documents relatifs au travail de l'employé. Par conséquent, il est important que l'employé dispose de documents lui permettant de prouver qu'il a travaillé les jours fériés.
2. Moyens de preuve
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Registres de pointage
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paie
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Déclarations de témoins
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Cartes d'accès/de sortie
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Correspondance / courriels
3. Décisions de la Cour suprême
La Cour suprême de Turquie reconnaît que la signature d'un bulletin de paie fait foi de travail effectué un jour férié. Si le bulletin de paie ne mentionne pas de travail effectué un jour férié et que le salarié l'a signé sans réserve, il est difficile de contester ultérieurement. En revanche, si le salarié n'a pas signé ou a émis une réserve, la preuve peut être apportée par des témoignages (Cour suprême de Turquie, 22e chambre civile, affaire n° 2017/4321, arrêt n° 2019/8765).
VI. Protection du droit des travailleurs au repos
1. Inspecteurs du travail et supervision administrative
Si les heures de travail sont dépassées ou si les droits au repos ne sont pas accordés, des amendes administratives sont imposées par les inspecteurs du travail (Loi du travail, article 102).
2. Le droit du travailleur d'intenter une action en justice
Les travailleurs peuvent intenter une action en justice devant les tribunaux du travail pour obtenir le paiement des indemnités hebdomadaires et des jours fériés impayés . Le délai de prescription est de 5 ans.
3. L’aspect des dommages non pécuniaires
Dans certains cas, la violation systématique du droit au repos peut constituer une atteinte aux droits individuels du travailleur. Dans de tels cas, la Cour suprême accorde également des dommages-intérêts pour préjudice moral.
Conclusion
Le droit du travail turc encadre strictement la durée du travail et les droits au repos afin de protéger les travailleurs. La limite de 11 heures par jour, la limite de 45 heures par semaine, la rémunération du jour de repos hebdomadaire et le paiement des jours fériés sont des règles obligatoires que les employeurs sont tenus de respecter. En pratique, la principale difficulté réside dans la preuve du travail effectué les jours fériés. La Cour suprême reconnaît l'importance des relevés de présence, des bulletins de paie et des témoignages comme éléments de preuve. La connaissance de la législation et de la jurisprudence est essentielle pour permettre aux travailleurs d'exercer pleinement leurs droits.