Quel est le statut légal d'un immigrant travaillant illégalement au Canada ?
ENTRÉE
Bien que le Canada dispose d'un système d'immigration complet et respectueux des droits des immigrants, il prévoit également de graves conséquences juridiques en cas d'infractions telles que le travail ou le séjour au-delà de la durée autorisée par un visa. Les personnes travaillant au Canada sans permis de travail ou dépassant les limites de leur permis de travail peuvent être considérées comme des « travailleurs étrangers sans papiers ».
Cet article expliquera le concept d’emploi illégal au Canada, ses conséquences juridiques, les sanctions potentielles, les procédures d’expulsion et, dans certains cas, les recours juridiques, dans le cadre de la Loi sur l’immigration et la protection du Canada (LIPR) et de ses applications.
1. Qu'est-ce qu'un travailleur illégal ?
Définition:
Un travailleur sans papiers qui travaille au Canada sans permis d'immigration ou en dehors du cadre légal . On parle de « travailleurs sans papiers » dans les situations suivantes :
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Ceux qui commencent à travailler sans obtenir de permis de travail
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Les personnes travaillant à temps plein sans autorisation alors qu'elles sont titulaires d'un visa d'étudiant
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Ceux qui ont commencé à travailler avec un visa de touriste
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Ceux qui continuent à travailler malgré l'expiration de leur permis de travail
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Ceux qui occupent un emploi autre que celui pour lequel ils ont obtenu l'autorisation de leur employeur
2. Base juridique : IRPA et législation connexe
La Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés du Canada (LIPR) et les règlements pris en application de cette loi interdisent explicitement le travail illégal :
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Article 30(1) de la LIPR : Pour travailler au Canada, un ressortissant étranger doit posséder les permis nécessaires.
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Article 124(1) de la LIPR : Travailler sans autorisation ou agir contrairement aux termes de l’autorisation est illégal et punissable par la loi.
3. Conséquences juridiques de l'emploi illégal
A. Déportation
Une mesure d'éloignement (ordre de déportation) peut être prononcée à l'encontre d'une personne travaillant illégalement . Il existe trois types de ces mesures :
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Ordre de départ: La personne est priée de quitter les lieux volontairement.
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Mesure d'exclusion: Une interdiction d'entrée au Canada d'une durée maximale d'un an sera imposée.
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Arrêté d’expulsion : Il s’agit d’un arrêté d’expulsion permanent. Une autorisation spéciale (ARC – autorisation de retour au Canada) est requise pour rentrer au Canada.
B. Arrestation et détention
L’Agence de la sécurité frontalière du Canada (ASFC) identifie une personne employée illégalement comme :
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Ils peuvent les détenir
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L'arrestation administrative peut être effectuée en cas de vérification d'identité et de risque de fuite
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Vous pouvez demander une audience devant le tribunal administratif (section de l'immigration)
C. Sanctions du point de vue de l'employeur
Cela s'applique également aux employeurs qui emploient des travailleurs sans papiers :
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Amendes pouvant atteindre 10 000 $
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Fermeture de l'entreprise
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Interdiction future du parrainage d'immigrants
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Des poursuites pénales peuvent être engagées (IRPA 124-127)
4. Migrants ayant perdu leur statut : personnes en situation irrégulière
Si une personne demeure au Canada après l'expiration de son visa sans y travailler, comme en situation irrégulière . Toutefois, si cette personne travaille, elle est considérée à la fois comme en situation irrégulière et comme travailleuse sans papiers.
À ceux qui se trouvent dans cette situation :
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Un ordre d'expulsion peut être émis
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L'ASFC ouvre une enquête
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Ils ne peuvent pas demander de permis de séjour (PR) (sauf dans des circonstances exceptionnelles)
5. Étudiants travaillant sans permis de travail
Étudiants internationaux étudiant au Canada :
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Maximum 20 heures par semaine (cette limite a été levée par la réglementation temporaire de 2024, mais elle est valable à certaines dates)
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Ils peuvent travailler à temps plein pendant les vacances
Pour les élèves qui dépassent ces limites :
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Les permis d'étudiant peuvent être révoqués
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Les futures demandes seront affectées négativement
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Ils risquent de perdre leur statut d'immigrant
6. Les personnes en situation irrégulière disposent-elles de recours légaux pour régulariser leur situation ?
Bien que le statut illégal comporte un risque juridique, certaines personnes pour des raisons humanitaires ou en raison de circonstances exceptionnelles .
A. Motifs humanitaires et de compassion (Demande H&C)
Conformément à l’article 25 de la LIPR, une évaluation exceptionnelle peut être effectuée si les motifs suivants sont réunis :
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Résident canadien de longue date
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enfant né au Canada
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Avoir de la famille au Canada
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Un renvoi mettrait ma vie en danger
B. Demande d'asile à l'intérieur du pays
Si une personne employée illégalement retourne dans son pays :
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S'il existe un risque de torture, de mort ou de traitement inhumain
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Peut demander le statut de réfugié (sera évalué par la Division de la protection des réfugiés)
Toutefois, ces demandes doivent être authentiques et étayées par des documents. Les fausses demandes entraînent de graves conséquences.
7. Droits et restrictions
Une personne travaillant illégalement :
| Droite | Situation |
|---|---|
| Services de santé | Ce n'est pas un système public ; les soins de santé privés sont obligatoires |
| aide sociale | Ne peut pas en bénéficier |
| L'éducation des enfants | L'enseignement primaire est dispensé dans certains États |
| assistance juridique | Vous pouvez demander une aide juridique (Aide juridique Canada) |
| Demande d'asile / H&C | Oui, c'est possible |
| Droit d'appel | Par l'intermédiaire de la Cour fédérale du Canada |
8. Étude de cas : Travailleur turc
Situation : SB, citoyen turc, est arrivé au Canada avec un visa de tourisme et a commencé à travailler dans un restaurant. Son emploi a été découvert lors d'une inspection de l'ASFC (Service des enquêtes criminelles).
Conséquences : Une mesure d'expulsion a été émise. Toutefois, SB a présenté une demande d'aide humanitaire, en faisant valoir que sa femme et son enfant vivaient au Canada depuis deux ans.
Décision : Lors de l'audience, son intégration sociale et l'adaptation de son enfant à une école canadienne ont été examinées, et l'autorisation de poursuivre la procédure de résidence permanente (partenariat privé) a été accordée.
9. Questions juridiques fréquemment posées
Est-ce un crime de venir en Turquie avec un visa de tourisme et d'y travailler ?
Oui. Un visa de tourisme ne confère pas le droit de travailler. Cette action est contraire à l'IRPA (Programme international d'investissement et de commerce).
Est-il possible de faire appel d'une décision d'expulsion ?
Oui. Une action en justice peut être intentée devant la Division d'appel de l'immigration ou la Cour fédérale
Puis-je continuer à travailler si je demande l'asile ?
Un permis de travail peut être demandé après réception d'une demande d'asile ; une autorisation spéciale est accordée par IRCC.
10. Conclusion : Travailler illégalement au Canada offre un gain temporaire, mais comporte un risque important à long terme
Travailler au Canada sans permis de travail représente un risque juridique important, tant pour le travailleur que pour l'employeur. Cette situation peut entraîner l'expulsion, une interdiction de retour au pays et compromettre toutes les futures demandes d'immigration. Chaque cas étant unique, il est essentiel de consulter un avocat afin d'établir la stratégie la plus adaptée.
