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Poursuite judiciaire pour accident du travail

QU'EST-CE QU'UN ACCIDENT DU TRAVAIL ? DÉFINITION ET PORTÉE JURIDIQUES

Bien que communément appelés « accidents du travail », les accidents du travail ont une portée beaucoup plus large et technique dans le système juridique turc. Pour qu'un événement soit considéré comme un accident du travail, il n'est pas nécessaire qu'il se produise sur le lieu de travail ; il suffit que le travailleur soit sous l'autorité de son employeur au moment des faits ou qu'il participe à une tâche liée à l'exécution de son travail.

1. Définition de l'accident du travail selon la loi n° 5510

En droit turc, la définition la plus claire d'un accident du travail à l'article 13 de la loi n° 5510 relative à la sécurité sociale et à l'assurance maladie générale. Selon cet article, pour qu'un accident soit qualifié d'« accident du travail », il doit être survenu à l'assuré dans l'une des cinq circonstances suivantes :

  1. Sur le lieu de travail : Tout accident survenant sur le lieu de travail d’une personne assurée est considéré comme un accident du travail. Il n’est pas nécessaire que le travailleur soit en activité au moment de l’accident. Par exemple, glisser en marchant dans le jardin pendant la pause déjeuner ou recevoir un objet sur soi dans les toilettes sont également considérés comme des accidents du travail.
  2. Accidents du travail : Il s’agit d’accidents survenant lors de l’exécution d’une tâche confiée par l’employeur. Même si le travailleur se trouve hors de son lieu de travail (par exemple, un livreur victime d’un accident lors d’une livraison), l’accident est considéré comme un accident du travail car il était dans l’exercice de ses fonctions.
  3. Affectation à un autre lieu : Il s’agit d’accidents survenant à un travailleur envoyé hors de son lieu de travail principal sur instruction de l’employeur, pendant des périodes où il n’effectue pas son travail principal (voyage, séjour à l’hôtel, etc.).
  4. Pendant le congé d'allaitement : les accidents survenus à une femme assurée pendant le temps alloué à l'allaitement de son enfant (que ce soit sur la route ou à domicile) sont légalement considérés comme des accidents du travail.
  5. Lors des déplacements en véhicule de service : Il s’agit des accidents survenant pendant les trajets domicile-travail effectués par les travailleurs dans un véhicule fourni par l’employeur. Les accidents impliquant le véhicule personnel du travailleur sont exclus ; toutefois, il est impératif que le véhicule soit loué ou mis à disposition par l’employeur.

2. Éléments de l'accident : un événement extérieur et un préjudice physique/psychologique

Selon les arrêts de la Cour suprême, pour qu'un incident soit considéré comme un accident du travail, il ne suffit pas qu'il se produise dans les lieux mentionnés ci-dessus ; les deux éléments suivants doivent également être présents :

  • Événement extérieur : L'accident doit être causé par un impact soudain et extérieur (chute, choc, intoxication, etc.) indépendant de la volonté du travailleur.
  • Élément de dommage : Le travailleur doit être devenu physiquement ou mentalement invalide immédiatement ou ultérieurement à la suite de l'incident .

3. Sujets controversés : Crise cardiaque et suicide

L'une des questions les plus fréquemment posées en pratique juridique actuelle est la suivante : « Un infarctus survenu au travail est-il considéré comme un accident du travail ? » La réponse est oui. Selon la jurisprudence constante de la Cour de cassation, un infarctus survenu à un salarié au travail est considéré comme un accident du travail, que l'incident soit ou non lié au travail (du fait qu'il se soit produit sur le lieu de travail). De même, si les facteurs qui poussent un salarié au suicide sont la pression au travail ou les conditions de travail, les suicides survenus sur le lieu de travail sont également considérés comme des accidents du travail.

4. Qu'est-ce qu'une action en justice pour détermination d'un accident du travail ?

Si l'employeur omet de déclarer l'accident à la Sécurité sociale, ou si celle-ci ne le reconnaît pas comme un accident du travail, le salarié ou ses ayants droit doivent une action en justice afin de déterminer s'il s'agit bien d'un accident du travail. Aucune demande d'indemnisation ne peut être présentée avant la conclusion de cette procédure, car le montant de l'indemnisation ne sera déterminé qu'après l'enregistrement officiel de l'accident du travail.

 RESPONSABILITÉ DE L'EMPLOYEUR EN CAS D'ACCIDENT DU TRAVAIL ET DÉTERMINATION DES FAUTES

En matière d'accidents du travail, la simple survenance d'un accident ne suffit pas à ouvrir droit à une indemnisation ; il convient également d'examiner si l'employeur a fait preuve de négligence, de faute ou s'il a commis une infraction ayant entraîné l'accident. Notre principal guide pour cet examen la loi n° 6331 relative à la santé et à la sécurité au travail.

1. Obligation générale de surveillance et de contrôle de l'employeur

Dans notre système juridique, les employeurs sont soumis à une obligation de diligence en contrepartie de l'obligation de loyauté du salarié . Cette obligation contraint l'employeur à protéger le salarié contre tous les risques d'accidents du travail et de maladies professionnelles. La responsabilité de l'employeur repose sur trois piliers fondamentaux :

  1. Mesures préventives : il ne s’agit pas seulement de prendre des précautions après un accident, mais d’éliminer la possibilité qu’un accident se produise (analyse des risques).
  2. Formation : Il ne suffit pas de remettre l'équipement au travailleur ; une formation périodique doit être dispensée sur la façon d'utiliser cet équipement et sur les risques liés au travail.
  3. Surveillance continue : L’argument de l’employeur selon lequel « j’ai fourni le casque, mais l’employé ne le portait pas » est généralement rejeté par la Cour suprême. L’employeur est tenu de vérifier que le casque est porté et de sanctionner les employés qui ne le portent pas.

2. Détermination des taux de défaillance et expertise

Le tribunal décide de confier l'affaire à un expert afin qu'il examine les circonstances de l'accident . L'expert attribue l'entière responsabilité de l'incident

  • Faute de l'employeur : défaut de précautions techniques, absence d'équipement de protection, utilisation incorrecte de la machine ou supervision inadéquate.
  • Faute du travailleur (négligence contributive) : Le mépris flagrant du travailleur pour les règles dans un domaine pour lequel une formation a été dispensée et toutes les précautions ont été prises (par exemple, le fait de ne pas porter intentionnellement la ceinture de sécurité).
  • Faute d'un tiers : L'accident est causé par une personne autre que l'employeur (par exemple, un sous-traitant ou un autre conducteur sur la route).
  • Inévitabilité (rupture du lien de causalité) : situations où, compte tenu de l’état des connaissances scientifiques et techniques à un moment donné, un accident ne peut être évité malgré toutes les précautions (par exemple, catastrophes naturelles imprévues). Cependant, en raison des réglementations modernes en matière de santé et de sécurité au travail, les tribunaux limitent considérablement le degré d’inévitabilité retenu.

3. Responsabilité objective en cas d'accidents du travail

Dans certains cas particuliers (notamment sur les lieux de travail dangereux), l'employeur peut être tenu responsable des dommages même s'il n'est pas en faute. Toutefois, la pratique générale consiste à déterminer si l'employeur a manqué à ses obligations légales.

4. Responsabilité administrative en vertu de la loi n° 6331

Suite à un accident du travail, les inspecteurs du ministère du Travail et de la Sécurité sociale mènent une enquête sur les lieux. Le rapport établi à l'issue de cette enquête constitue l'une des pièces maîtresses d'une action en indemnisation. Si le rapport conclut à une faute lourde, il devient quasiment impossible pour l'employeur de prouver son innocence.

 TYPES D'INDEMNISATION DES MATÉRIAUX ET MÉTHODES DE CALCUL

Une action en indemnisation intentée suite à un accident du travail vise à indemniser l'assuré pour les pertes économiques subies du fait de l'atteinte à son intégrité physique. Dans ce cas, le taux d'invalidité et la perte de revenus sont combinés pour établir une formule d'indemnisation.

1. Indemnisation pour incapacité temporaire (pertes subies pendant la période de repos)

période suivant un accident pendant laquelle un travailleur est hospitalisé ou reçoit un traitement à domicile, ce qui signifie qu’il est incapable de travailler, incapacité temporaire .

  • Champ d'application : Durant cette période, le travailleur subit une perte de revenus puisqu'il ne perçoit pas son salaire. L'Institution de sécurité sociale (SGK) verse une partie de cette indemnité sous forme d'« indemnité d'incapacité temporaire » (indemnité de maladie).
  • Part à réclamer : La différence entre le montant versé par l'Institution de sécurité sociale (SGK) et le salaire réel de l'employé, ainsi que tous les frais de traitement supplémentaires encourus pendant cette période (médicaments, prothèses, frais de soins spéciaux non couverts par la SGK, etc.), seront réclamés à l'employeur.

2. Indemnisation pour invalidité permanente (Indemnisation d'invalidité)

Si un travailleur subit une incapacité physique permanente (amputation, mobilité réduite, etc.) à la suite d'un accident du travail, on incapacité permanente . Ce terme repose sur le principe que le travailleur devra fournir un effort accru ou sera totalement incapable de travailler pour le reste de sa vie active.

a. Détermination du taux de perte de capacité de gain dans la profession

Le coefficient multiplicateur servant au calcul de l'indemnisation est ce taux. Dès le début de la procédure, le travailleur est systématiquement orienté vers un hôpital doté d'un équipement complet ou vers l'Institut de médecine légale.

  • Évaluation de l'invalidité : Par exemple, si la perte d'un doigt entraîne une invalidité de 10 %, le calcul est effectué comme si le travailleur gagnerait 10 % de revenu en moins chaque mois pour le reste de sa vie.
  • Impact sur l'activité professionnelle : Une même blessure peut entraîner des taux de perte différents selon les groupes professionnels. La perte de capacité de gain dans la profession d'un pianiste n'est pas évaluée de la même manière que celle d'un agent de sécurité ayant perdu un doigt.

b. Calcul actuariel : Formule de rémunération

Le tribunal confie le dossier à un expert actuariel . Ce dernier utilise les données suivantes pour établir un chiffre :

  1. Espérance de vie : Détermine la durée de vie prévue du travailleur après l'accident (selon les tables PMF 1931 ou TRH 2010).
  2. Périodes active et passive : On suppose que le travailleur travaillera jusqu'à l'âge de 65 ans (actif) et prendra sa retraite après 65 ans (passif).
  3. Rémunération réelle : L’inscription d’un salarié à l’assurance sur la base du salaire minimum n’empêche pas une demande d’indemnisation. Le tribunal contactera les ordres professionnels compétents pour s’informer sur la rémunération comparable et calculer l’indemnisation en fonction de son salaire réel.
  4. Réduction pour faute : Une réduction est appliquée au montant total calculé au prorata de la faute de l'employé.

3. Indemnisation pour perte de soutien (accidents mortels)

En cas de décès suite à un accident du travail, l'attention ne se porte plus sur la perte subie par le travailleur lui-même, mais sur celle de ses proches. l'article 53 du Code des obligations turc, le conjoint, les enfants et les parents peuvent prétendre à une indemnisation.

  • Répartition : Le revenu du salarié est divisé en parts selon des proportions spécifiques. Par exemple, 50 % pour le conjoint et 25 % pour les enfants. La durée de la pension alimentaire pour enfants est généralement déterminée en fonction de leur niveau d’études, typiquement à 18, 22 ou 25 ans.

4. Compensation des revenus récupérables auprès de l'organisme de sécurité sociale (Le point le plus critique)

Il s'agit de l'aspect le plus technique des dossiers d'indemnisation des accidents du travail. La Sécurité sociale verse une allocation d'invalidité permanente au travailleur victime de l'accident. La loi interdit à une personne de percevoir à la fois une indemnisation complète de l'État et de son employeur pour une même blessure.

  • Valeur actuelle de la rémunération : La valeur totale du salaire versé au travailleur par l'organisme de sécurité sociale (valeur actuelle de la rémunération) est déduite du montant de la rémunération calculé par l'expert.
  • Indemnité restante : L’employeur n’est tenu de verser que la différence non prise en charge par la Sécurité sociale. Par conséquent, une demande d’indemnisation ne peut être déposée sans justificatif de revenus cotisables à la Sécurité sociale.

DOMMAGES ET INTÉRÊTS MORAUX ET POUVOIR DISCRÉTIONNAIRE DU JUGE

Les dommages non pécuniaires visent à atténuer, dans une certaine mesure, la douleur, la détresse, le chagrin et la souffrance psychologique subis par le travailleur (ou ses proches en cas de décès) à la suite d'un accident du travail. Contrairement aux dommages pécuniaires, il n'existe pas de barème ou de formule actuarielle pour leur calcul. Le pouvoir discrétionnaire final appartient au juge.

1. Quel est l’objectif des dommages moraux ?

L'indemnisation morale ne constitue pas un enrichissement sans cause ; toutefois, son montant ne doit pas être symbolique. l'article 56 du Code des obligations turc n° 6098 , le juge fixe un montant équitable, en tenant compte des spécificités de l'affaire. Cette indemnisation vise à contribuer au rétablissement de l'équilibre psychologique du travailleur et à constituer une sanction pour la faute de l'employeur.

2. Critères de détermination du montant des dommages non pécuniaires

Pour déterminer le montant de l'indemnisation au titre du préjudice moral, le juge prend en compte les facteurs suivants :

  1. Taux de faute : Si l'employeur est coupable de négligence grave ou d'une violation délibérée des règles (par exemple, en désactivant sciemment le verrou de sécurité), le montant de l'indemnisation pour préjudice moral sera jugé beaucoup plus élevé.
  2. Degré d'invalidité : En cas d'amputation, de paralysie ou de blessures défigurant l'apparence (comme des cicatrices faciales permanentes), on tient compte de l'impact sur la vie sociale de la personne.
  3. Situation socio-économique des parties : Le tribunal examine le patrimoine des parties. Le fait qu’une très grande société holding verse 100 000 TL n’aura pas le même effet dissuasif que le même montant versé par un petit atelier.
  4. Pouvoir d'achat de la monnaie : compte tenu des conditions économiques et de l'inflation au moment du versement de la rémunération, l'objectif est que cette somme procure un réel confort dans la vie du travailleur.

3. Compensation morale par la réflexion (Le droit des proches)

En règle générale, l'indemnisation est un droit strictement personnel. Cependant, si un travailleur a subi une atteinte grave à son intégrité physique à la suite d'un accident du travail (par exemple, un état végétatif, l'amputation des deux jambes, etc.), non seulement le travailleur, mais aussi son conjoint, ses enfants et ses parents, profondément affectés par cette situation, peuvent déposer une demande d'indemnisation pour préjudice moral en leur nom propre.

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