INDEMNISATION POUR PERTE DE SOUTIEN

INDEMNISATION POUR PERTE DE SOUTIEN
RESPONSABILITÉ DÉLICTUELLE
Quiconque cause un préjudice à autrui par un acte illicite est tenu de le réparer. Premièrement, l'existence d'un acte illicite est nécessaire. De plus, même en l'absence d'acte illicite, la responsabilité peut être engagée pour immoralité (l'article 49/2 du Code des obligations turc prévoit une définition plus large de la responsabilité). L'acte illicite doit avoir causé un préjudice, lequel peut donner lieu à une réparation matérielle ou morale. En règle générale, l'acte doit avoir été causé par une faute, mais la responsabilité peut être engagée même en l'absence de faute. Ces cas sont régis par le Code des obligations turc n° 6098 (articles 61 à 71). Enfin, un lien de causalité direct doit exister entre l'acte et le préjudice. Ce lien ne doit pas être interrompu par un cas de force majeure, la faute d'un tiers ou la faute de la victime.
En matière de responsabilité délictuelle, la charge de la preuve incombe à la partie lésée (Code des obligations turc, article 50/1). Autrement dit, contrairement à la responsabilité contractuelle, cette charge repose sur la partie lésée. Par conséquent, la première responsabilité que les parties lésées doivent rechercher et examiner est la responsabilité contractuelle. Les dispositions relatives à la responsabilité délictuelle s'appliquent également, par analogie et dans la mesure où elles sont pertinentes, à la rupture de contrat (Code des obligations turc, article 114).
Les conditions d'établissement de la responsabilité délictuelle sont brièvement énumérées ci-dessous :
- Un acte illégal
- Dommage
- Erreur
- Lien de causalité approprié
La responsabilité d'une personne est engagée lorsque les conditions requises sont réunies. La notion de préjudice est essentielle : nul ne peut être tenu responsable sans préjudice. En effet, le droit de la réparation vise précisément à indemniser les préjudices subis. Afin de pallier certaines difficultés et compte tenu de l'étendue du préjudice, le législateur a prévu par la loi des garanties pour certains types de dommages. Parmi ces cas particuliers figurent les dommages résultant d'un décès, régis par l'article 53 du Code des obligations turc.
ARTICLE 53 - En cas de décès, les dommages subis sont les suivants :
1. Frais funéraires.
2. Si le décès n'est pas survenu immédiatement, les frais médicaux et les pertes résultant de la réduction ou de la perte de capacité de gain.
3. Les pertes subies par ceux qui sont privés du soutien du défunt.
Parmi ces catégories de dommages, la plus importante est celle du préjudice lié à la perte de soutien. Elle constitue en effet une exception à la règle générale et au droit classique de la responsabilité civile, puisqu'elle vise à indemniser les dommages causés à des tiers.
En droit de la responsabilité civile, la règle est que la partie ayant causé le dommage indemnise directement la victime (dommage direct). Autrement dit, les tiers ne peuvent prétendre à aucune indemnisation. Le dommage indirect constitue une exception. Il s'agit d'un dommage qui n'affecte pas directement la victime, mais qui a un impact indirect sur elle. N'étant pas une règle générale, il ne s'applique que dans les cas prévus par la loi. Cette pratique vise à limiter le champ d'application de la responsabilité. L'indemnisation pour perte de soutien, qui revêt une grande importance, est précisément un dommage indirect et peut être indemnisée car elle est prévue par la loi. Si le législateur n'avait pas inclus une telle disposition, ce dommage ne serait pas indemnisé. Par conséquent, l'indemnisation pour perte de soutien, prévue à l'article 53/3 du Code des obligations turc, est essentielle pour indemniser les tiers.
QU'EST-CE QU'UNE INDEMNISATION POUR PERTE DE SOUTIEN ?
L’indemnisation pour perte de soutien financier est l’indemnisation versée à un tiers qui était régulièrement soutenu par le défunt, afin de couvrir les pertes financières résultant de la perte de ce soutien.
QUI SONT LES TIERS QUI PEUVENT BÉNÉFICIER DE CETTE INDEMNISATION ?
1. La personne décédée doit fournir un soutien (l'existence d'un soutien).
Cette indemnisation est effectivement accessible aux personnes que le défunt a soutenues de manière régulière et constante, et qui sont susceptibles de continuer à le faire tout au long de sa vie. « Régulière et constante » signifie que l'aide apportée constituait leur principal moyen de subsistance ou y contribuait.
Il n'est pas nécessaire que le bénéficiaire soit un parent, un héritier, etc., car l'aide est accordée en fonction des circonstances réelles. L'existence d'un soutien financier suffit.
Il existe deux types de soutien :
Soutien réel : Aide apportée à la personne qui subvenait aux besoins du défunt avant son décès et qui continuera de le faire. Ce soutien commence à être acquis après la date du décès.
Soutien futur (hypothétique) : Aide accordée à une personne qui, même si elle n’a pas apporté de soutien financier avant son décès, l’aurait vraisemblablement fait à l’avenir si elle n’était pas décédée. Le calcul de cette aide débute à la date estimée à laquelle le soutien financier aurait commencé. Son champ d’application doit être limité. Par exemple, si un enfant qui était le seul soutien de sa famille décède dans un accident de la route, ses parents peuvent demander une indemnisation pour perte de soutien financier.
2. Elle doit subir une perte en raison d'un manque de soutien.
La personne privée de soutien doit avoir subi une baisse de son niveau de vie suite à l'accident. Il n'est pas nécessaire qu'elle soit dans le besoin ; il suffit qu'elle ne soit plus en mesure de maintenir son niveau de vie antérieur.
3. Le besoin de soutien doit se poursuivre.
Une personne ayant perdu son soutien financier suite à un décès ou pour d'autres raisons peut également percevoir des prestations. L'objectif étant de maintenir sa situation antérieure à la perte, ces prestations peuvent compenser, totalement ou partiellement, le préjudice lié à cette perte. Par exemple, si une personne ayant perdu son soutien financier est considérée comme ayant hérité d'un tiers, elle peut ne plus avoir besoin de la contribution financière du défunt.
SAADET KARTALCI/HUSEYIN DOGAN