Crimes de falsification de documents officiels et de trafic de migrants
1. Introduction
Le trafic de migrants s'effectue souvent faux documents . Les falsifications, notamment celles concernant les passeports, les visas, les titres de séjour ou les permis de travail, constituent des infractions au regard des articles 79 (trafic de migrants) et 204 (Faux en écriture publique) du Code pénal turc . C'est pourquoi, dans la pratique, ces deux types d'infractions sont fréquemment traités conjointement.
2. Cadre juridique
2.1. Trafic de migrants (article 79 du code pénal turc)
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Faire entrer illégalement des étrangers dans le pays ,
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Leur permettre de rester dans le pays,
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L'expulsion de citoyens turcs ou d'étrangers du pays.
➡ Le gain financier est le motif.
2.2. Faux et usage de faux (article 204 du code pénal turc)
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Commettre un faux sur un document qu'un fonctionnaire public est autorisé à établir,
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Falsifier un document authentique de manière à tromper autrui,
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Utilisation d'un document officiel falsifié.
3. Le point de convergence de deux crimes
3.1. Le rôle des faux documents dans le trafic de migrants
Les méthodes les plus courantes utilisées pour transporter illégalement des migrants sont :
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faux passeport,
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faux visa,
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faux permis de séjour,
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de faux documents de travail.
3.2. Concomitance des crimes
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auteur commet à la fois de trafic de migrants et de falsification de documents officiels , il est puni séparément pour chaque crime.
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Parce que ces crimes protègent des valeurs juridiques différentes :
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Trafic de migrants → dignité humaine, politique migratoire de l'État
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Falsification de documents officiels → confiance publique
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➡ Dans ce cas , c’est la concomitance réelle des infractions qui s’applique , et non la concomitance idéale (article 44 du Code pénal turc)
4. Décisions de la Cour suprême
4.1. Cour suprême 18e Chambre criminelle, 2015/49 K.
Dans le cas où les accusés ont tenté de faire sortir clandestinement des immigrants du pays en leur délivrant de faux passeports, la Cour suprême a déclaré que l'article 79 et l'article 204du Code pénal turc devaient être appliqués.
4.2. Cour suprême, 9e chambre criminelle, affaire n° 2014/4908.
Les faux visas saisis aux migrants ont été acceptés comme preuve de trafic de migrants, et les accusés ont également été reconnus coupables de falsification de documents officiels.
4.3. Cour suprême d’appel, Grande Chambre, Affaire n° 2012/10-1300, Décision n° 2013/248.
l'utilisation de faux documents à elle seule ne suffirait pas à constituer un trafic de migrants, mais que si elle était combinée à des actes visant à transporter des migrants à des fins lucratives, les deux infractions seraient poursuivies conjointement.
5. Preuves
5.1. Documents falsifiés
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Modifications apportées à la photo sur le passeport,
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Fraude aux visas,
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Falsification de photocopies de cartes d'identité.
5.2. Preuves électroniques
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Enregistrements informatiques montrant l'impression de faux documents,
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traces de sortie d'imprimante,
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Conversations par e-mail ou WhatsApp.
5.3. Déclarations des témoins et des immigrants
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Les déclarations des immigrants concernant les personnes auprès desquelles ils ont obtenu les faux documents,
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Rapports des forces de l'ordre.
6. Dimension du droit international
6.1. Convention de Palerme
Le Protocole de Palerme relatif au trafic de migrants considère l'utilisation de faux documents comme faisant partie intégrante de ce délit
6.2. Pratiques de l'Union européenne
Les pays de l'UE traitent généralement le trafic de migrants et la fraude comme une infraction combinée et imposent des sanctions plus sévères.
7. Scénario concret (Exemple original)
Événement:
L'accusé, HK, a tenté de faire passer clandestinement dix migrants de Turquie en Grèce à l'aide de faux passeports. Il exigeait 3 000 euros par migrant. Il a été appréhendé lors d'une opération de police.
Évaluation juridique :
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Étant donné que l'argent est pris aux migrants, l'article 79 du Code pénal turc (trafic de migrants) .
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Puisqu'un faux passeport a été délivré, l'infraction relève également de l'article 204 du Code pénal turc (falsification de documents officiels) .
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Le prévenu sera puni séparément pour chacune des deux infractions.
8. Conclusion
, les crimes de trafic de migrants et de falsification de documents officiels sont souvent commis conjointement.
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Trafic de migrants → dignité humaine et sécurité des politiques migratoires
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Falsification de documents officiels → atteinte à la confiance publique et
aux valeurs juridiques protégées.
Par conséquent, si les deux infractions sont commises par un seul acte de la part du même auteur, la règle de la concomitance réelle des infractions s'applique, et l'auteur est puni indépendamment pour les deux infractions.
Cour suprême d’appel, 21e chambre criminelle – Décision : 2016/7457 (Révision)
1. Résumé de l'événement
Le dossier révèle que les accusés ont établi de faux passeports et visas pour des migrants étrangers dans le but de les emmener dans des pays européens , ont extorqué de l'argent aux migrants et ont tenté de les faire sortir clandestinement du pays par les aéroports
Les migrants ont été arrêtés alors qu'ils tentaient de quitter le pays avec de faux documents, et les accusés ont été inculpés en vertu de l'article 79 (trafic de migrants) et de l'article 204 (falsification de documents officiels) du Code pénal turc
2. Décision du tribunal local
Le tribunal local a statué que les accusés avaient, par un seul acte, falsifié et utilisé de faux documents et tenté de faire sortir clandestinement des migrants du pays
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Condamnation pour trafic de migrants,
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également
prononcé une condamnation pour faux et usage de faux en écriture.
Les accusés ont fait valoir que leurs actions constituaient une « assistance relative » et qu'« il n'y avait aucun motif de gain personnel ».
3. Examen par la 21e chambre criminelle de la Cour de cassation
3.1. En matière de trafic de migrants
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Il est de notoriété publique qu'une taxe est perçue par personne auprès des immigrants .
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de migrants munis de documents illégauxest considérée comme un acte constitutif du délit de trafic de migrants.
➡ La Cour suprême a jugé que tous les éléments de l'article 79 du Code pénal turc étaient réunis.
3.2. Concernant la falsification de documents officiels
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Les passeports et les visas étaient falsifiés.
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L’utilisation de ces documents constitue une infraction distincte au sens de l’article 204 du Code pénal turc . ➡ La Cour suprême a souligné que cette infraction n’est pas assimilée au trafic de migrants, mais qu’elle protège une valeur juridique distincte (la confiance publique).
3.3. Discussion de l'Assemblée
Les avocats de la défense ont plaidé : « Il n'y a qu'un seul acte ; ils ne devraient être punis que pour trafic de migrants. ».
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La Cour suprême le principe des infractions concurrentes (article 44 du code pénal turc) ne peut être appliqué car les deux types d'infractions distincts protègent deux valeurs juridiques distinctes.
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Par conséquent, le tribunal a décidé que les accusés devaient être punis séparément en vertu de l'article 79 et de l'article 204 du Code pénal turc
3.4. Entreprise
Les migrants ont été appréhendés à l'aéroport, il n'y a donc pas eu de départ effectif du pays.
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La Cour suprême a déclaré que le trafic de migrants en était resté au stade de tentative et a souligné qu'une réduction de peine devait être appliquée conformément à l'article 35 du Code pénal turc.
4. Importance de la décision
a) Indépendance des deux crimes
Par cette décision, la Cour suprême que les délits de falsification de documents officiels et de trafic de migrants ne coïncident pas, et que l'auteur sera puni séparément pour les deux délits.
b) Distinction entre tentative et achèvement
Même si les migrants ne quittent pas réellement le pays, le simple fait d'entamer les procédures nécessaires (comme les faire entrer à l'aéroport avec de faux documents) suffit à constituer une tentative d'extorsion.
c) Rejet de la défense familiale
Le fait que l’accusé ait des liens familiaux avec les immigrants n’a pas été pris en compte, car cela ne nie pas la réalité selon laquelle l’organisation était gérée dans un but lucratif
d) Dimension internationale
Cette décision, conforme au Protocole de Palerme , considère l'utilisation de faux documents comme une méthode typique de trafic de migrants
5. Conclusion
La 21e chambre criminelle de la Cour de cassation – Arrêt : 2016/7457– a réaffirmé les principes suivants :
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Le trafic de migrants et la falsification de documents officiels sont des crimes distincts, et leurs auteurs sont punis séparément.
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Le crime de trafic de migrants même si la frontière n'est pas réellement franchie, au stade de la tentative .
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Les liens familiaux ne réduisent pas la peine à moins qu'ils n'éliminent l'élément d'intérêt personnel.
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Les mesures de saisie et de confiscation (documents falsifiés, argent, véhicules) doivent être appliquées conformément à la loi.