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CRIME DE CONTREBANDE DE MARCHANDISES (Loi n° 5607)

QU’EST-CE QUE LE CRIME DE CONTREBANDE ?

La contrebande de marchandises, telle que définie dans la loi n° 5607 relative à la lutte contre la contrebande, est l' acte d'introduire ou de faire sortir illégalement du pays (importation) des biens commerciaux, des marchandises ou des objets de valeur, à l'exclusion de ceux soumis à des régimes juridiques spéciaux et classés séparément, tels que le tabac, l'alcool, les armes et le carburant, sans passer par les procédures douanières

Ce type de délit, également connu sous le nom de « contrebande générale » dans le langage courant, peut concerner une large gamme de marchandises, allant des biens de consommation aux produits industriels, dans le but d'échapper aux droits de douane, de contourner les interdictions d'importation/exportation ou de créer une concurrence déloyale.

1. Objet et étendue de l'infraction

La notion de « marchandises » visée par la contrebande est très large. Selon la loi, tout ce qui est considéré comme marchandise commerciale et soumis aux droits de douane ou à la réglementation douanière entre dans ce champ d'application

  • Biens de consommation : produits électroniques (téléphones, ordinateurs, etc.), textiles, cosmétiques, verrerie et produits alimentaires.

  • Intrants industriels et commerciaux : matières premières, pièces de machines, machines commerciales et pièces de rechange.

  • Métaux et articles précieux : or, bijoux ou objets de valeur similaires introduits dans le pays en violation du régime légal d’importation.

2. Procédures opérationnelles de base

  • Contrebande à l'importation (introduction de marchandises dans le pays) : Cela consiste à faire passer des marchandises par les points de contrôle douaniers sans les déclarer aux autorités douanières, ou à utiliser des documents frauduleux, des factures falsifiées ou des compartiments cachés (cachettes) pour éviter ou sous-payer les droits de douane.

  • Contrebande à l'exportation (sortie du pays) : La sortie du pays de biens stratégiques en violation des réglementations qui interdisent leur exportation ou qui exigent l'autorisation d'autorités spécifiques.

  • Possession et vente à des fins commerciales : L’achat, le stockage, le transport ou la mise en vente, à des fins commerciales, de marchandises sciemment introduites clandestinement dans le pays.

3. Sanctions et pénalités légales

Conformément à l'article 3 de la loi n° 5607, les sanctions pénales de base pour les infractions de contrebande de marchandises sont les suivantes :

  • Sanction de base : Les personnes qui importent des marchandises dans le pays sans les soumettre aux procédures douanières peine d’emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende judiciaire.

  • Possession à des fins commerciales : Des peines d’emprisonnement et des amendes similaires s’appliquent à ceux qui achètent, transportent ou stockent sciemment des marchandises de contrebande à des fins commerciales.

  • Amendes basées sur la valeur : Des amendes judiciaires calculées en fonction de la valeur en douane des marchandises de contrebande, ainsi que des mesures telles que la confiscation des marchandises, sont appliquées.

4. Repentir effectif et éléments de valeur

Les dispositions relatives au repentir effectif, fondées sur le principe de l'indemnisation du Trésor public pour le préjudice causé, s'appliquent également aux délits de contrebande de marchandises

  • Si le double de la valeur en douane des marchandises de contrebande est versé au Trésor public avant la fin de la phase d'enquête, les sanctions seront réduites de moitié.

  • Si ce paiement est effectué pendant la phase de poursuite (avant le prononcé du verdict), la peine sera réduite d'un tiers.

DÉCISIONS DE LA COUR SUPRÊME CONCERNANT LE CRIME DE CONTREBANDE DE MARCHANDISES

1. Cour de cassation, 7e chambre criminelle — Affaire n° 2021/8420, Décision n° 2022/5110

  • Résumé de l'affaire : Lors de perquisitions menées au lieu de travail du prévenu et dans ses annexes, de nombreux produits électroniques de contrebande (accessoires pour téléphones portables et tablettes) ont été saisis. Ces produits avaient été introduits sur le territoire en violation de la réglementation en vigueur et sans factures ni documents justificatifs. Le prévenu a soutenu qu'il ne détenait pas ces produits à des fins commerciales.

  • Arrêt de la Cour suprême : La Cour suprême a déclaré que la quantité et la nature des marchandises saisies démontraient clairement qu’elles étaient détenues à des fins commerciales et de vente, et qu’il était contraire au cours normal des choses d’ignorer que ces marchandises, dépourvues de factures et de documents fiscaux, étaient destinées à la contrebande. Elle a confirmé la condamnation prononcée en vertu de la loi n° 5607, la jugeant conforme à la loi.

2. Cour de cassation, 7e chambre criminelle — Affaire n° 2022/2150, Décision n° 2023/1420

  • Résumé de l'affaire : Le prévenu a été poursuivi pour possession de marchandises textiles et vestimentaires de contrebande à des fins commerciales. Au cours du procès, avant la fin de l'instruction, il a demandé l'application des dispositions relatives à la réparation du préjudice moral en versant au Trésor public une somme équivalente au double de la valeur en douane des marchandises de contrebande.

  • Évaluation de la Cour suprême : La Cour suprême a attiré l’attention sur la disposition relative au repentir effectif dans la loi n° 5607. Elle a considéré que le fait de ne pas avoir pris en compte le fait que si le double de la valeur en douane est versé au Trésor avant la fin de la phase d’enquête, la peine d’emprisonnement à infliger au prévenu devrait être réduite de moitié dans les limites légales, comme un motif de cassation.

3. Cour de cassation, 7e chambre criminelle — Affaire n° 2020/12400, Décision n° 2021/6850

  • Résumé de l'affaire : L'incident impliquait un véhicule conduit par le défendeur, au cours duquel diverses pièces détachées industrielles ont été saisies. Ces pièces n'avaient pas été déclarées en douane et avaient été introduites sur le territoire sans avoir été déclarées aux douanes. Le défendeur a affirmé ignorer l'omission de ces informations lors du transport des marchandises.

  • Arrêt de la Cour suprême : La Cour suprême a examiné les incohérences entre la nature des marchandises transportées, le lieu de chargement, les documents de transport et la situation réelle. Soulignant qu’un transporteur professionnel doit vérifier si les marchandises transportées ont fait l’objet de formalités douanières, la Cour a confirmé la décision du tribunal local, qui avait conclu à la présence d’une intention criminelle de la part du défendeur.

Criminalité liée au trafic de marchandises : évaluation et conclusion

La contrebande de marchandises est une forme importante de criminalité qui perturbe l'ordre économique, non seulement parce qu'elle réduit directement les recettes fiscales et nuit aux finances publiques, mais aussi parce qu'elle crée une économie informelle et un environnement concurrentiel déloyal . La réglementation, élaborée dans le cadre de la loi n° 5607 relative à la lutte contre la contrebande, vise à prévenir ces actes, commis sur une vaste gamme de biens, des produits de consommation aux intrants industriels, et à les sanctionner par des mesures dissuasives.

Les principaux enjeux mis en lumière dans la pratique et dans la jurisprudence de la Cour suprême peuvent être résumés sous les rubriques suivantes :

  • Détermination de la quantité et de l'intention commerciales : La quantité, le type et le mode d'exposition/de stockage des marchandises saisies constituent les critères fondamentaux pour évaluer les moyens de défense du contrevenant. Si la quantité de marchandises excède les limites de l'usage personnel et présente un caractère commercial, des arguments tels que « Je ne savais pas que c'était de la contrebande » ou « Je n'étais pas au courant de la facture » ​​sont considérés comme contraires aux usages courants et peuvent servir de fondement à une condamnation.

  • Indemnisation des pertes pour le Trésor public et repentir effectif : En matière de contrebande, l’indemnisation des pertes économiques est aussi importante que la justice pénale. Bénéficier de dispositions favorisant un repentir effectif, en versant au Trésor public plusieurs fois la valeur en douane prévue par la loi lors des phases d’enquête ou de poursuite, accélère les procédures judiciaires tout en offrant des réductions de peine significatives et une protection juridique aux accusés.

  • Équilibre entre libre marché et justice : les décisions de justice mettent en lumière les effets perturbateurs du commerce informel et de la contrebande sur l’équilibre des marchés. En conséquence, la lutte contre la contrebande est menée avec une fermeté juridique, à la fois pour garantir la rigueur budgétaire et protéger la concurrence loyale.

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