Une nouvelle ère pour l'indemnisation de la dépréciation des véhicules
Une nouvelle ère pour l'indemnisation de la dépréciation des véhicules : décisions d'annulation de la Cour constitutionnelle et fondement de la valeur marchande
Même si les dommages subis par un véhicule après un accident de la circulation sont réparés, la différence entre sa valeur de revente avant l'accident et sa valeur après l'accident (après dommages) est appelée « dépréciation du véhicule». Jusqu'à récemment, certaines formules mathématiques favorables aux compagnies d'assurance étaient utilisées pour calculer cette différence. Cependant, des arrêts successifs de la Cour constitutionnelle (AYM) ont fondamentalement modifié cette méthode de calcul, rétablissant le principe du « dommage réel ».
1. La situation devant la Cour constitutionnelle : l’indemnisation prise au piège de formules
Auparavant, la dépréciation des véhicules était calculée à l'aide de formules mathématiques issues du Code de la route (KTK) et des Conditions générales de l'assurance responsabilité civile automobile obligatoire (ZMSS). Ces formules prenaient en compte des données limitées, telles que le kilométrage, l'âge et la valeur des pièces du véhicule, mais ne reflétaient pas fidèlement la baisse réelle de sa valeur marchande. De ce fait, les propriétaires de véhicules recevaient une indemnisation inférieure à leurs pertes réelles.
2. Décisions révolutionnaires de la Cour constitutionnelle
La Cour constitutionnelle, fondant sa décision sur le droit de propriété et le principe d'égalité, a annulé certaines phrases des articles 90 et 92 du Code de la route.
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Point clé : La Cour constitutionnelle a statué que le montant de l'indemnisation ne peut être déterminé par des règlements administratifs (formules) appelés « Conditions générales » ; l'indemnisation doit être calculée selon les principes généraux du droit des contrats, c'est-à-dire « réparation intégrale » et de « préjudice réel .
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Conclusion : L'époque où les compagnies d'assurance sous-payaient en se contentant de dire « c'est comme ça que la formule le calcule » est juridiquement révolue.
3. Critère de calcul actuel : Quel est le prix du marché ?
Suite aux arrêts de la Cour constitutionnelle, la pratique établie par la Cour de cassation et la Commission d'arbitrage des assurances est désormais « comparaison des prix du marché » . Les critères suivants sont utilisés pour les calculs effectués selon cette méthode :
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Conditions du marché libre : La différence entre la valeur de revente du véhicule immédiatement avant l'accident et sa valeur de revente après l'accident (dans son état endommagé).
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Marque et modèle du véhicule : l’attrait du véhicule sur le marché.
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Kilométrage et âge : les limites strictes dans les formules (telles qu’une limite de 165 000 km) ne sont plus le seul obstacle ; cependant, ce sont des facteurs qui influent sur le montant de la dépréciation.
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Étendue des dommages et nature des réparations : Quelles pièces du véhicule ont été remplacées (plastique, mécanique, etc.) et si la réparation a été effectuée dans un centre de service agréé.
4. Responsabilité de la compagnie d'assurance et processus de demande
La partie qui est innocente ou seulement légèrement fautive dans un accident de la route peut demander à l' assurance responsabilité civile obligatoire (assurance routière) de la partie fautive une indemnisation pour la diminution de la valeur de son véhicule .
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Délai de prescription : 2 ans à compter de la date de l’accident
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Procédure de demande : Une demande écrite adressée à la compagnie d’assurance concernée est obligatoire avant toute procédure judiciaire ou d’arbitrage. Si la compagnie d’assurance ne répond pas dans un délai de 15 jours ou rejette la demande, une procédure peut être engagée devant la Commission d’arbitrage des assurances.
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Responsabilité directe : La compagnie d'assurance est solidairement responsable de la dépréciation du véhicule dans les limites de la police.
5. L'importance du rapport d'expert
Seuls des experts ou des experts en sinistres indépendants peuvent déterminer si le calcul est conforme aux taux du marché. Contester les résultats obtenus par les compagnies d'assurance à l'aide de leurs propres logiciels, en présentant des rapports techniques contenant des données de marché, relève du droit à réparation.
Conclusion
La dépréciation d'un véhicule n'est plus le fruit d'une formule mathématique, mais le reflet des réalités du marché. Suite aux arrêts d'annulation de la Cour constitutionnelle, le droit des propriétaires de véhicules à réclamer une indemnisation pour préjudice réel a été renforcé. Afin de préserver leurs droits, il est essentiel de veiller à ce que le calcul soit fondé sur la valeur marchande et que les procédures juridiques soient gérées en conséquence.