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Le concept et les éléments constitutifs du crime

1. Introduction

Le droit pénal est la branche du droit qui impose les sanctions les plus sévères aux individus afin de protéger l'ordre social. Dans ce contexte, la notion fondamentale au cœur du droit pénal est celle de « crime ».
Un crime n'est pas seulement un acte passible de sanctions pénales ; il constitue également une violation d'une norme qui restreint la liberté individuelle et légitime l'intervention de l'État. Par conséquent, le cadre conceptuel et les éléments constitutifs du crime figurent parmi les sujets les plus débattus et les plus importants en droit pénal.


2. Le concept de crime

2.1. Définition juridique

Le Code pénal turc (TCK) ne fournit pas de définition générale du crime, mais « pas de crime ni de châtiment sans loi » (article 2 du TCK) . Selon la définition largement acceptée en doctrine juridique, un crime est :
« Un acte illicite et répréhensible, qualifié de crime par la loi. »

2.2. Définitions du crime dans la doctrine

  • Conception classique : Le crime est un acte qui perturbe l’ordre social et qui est commis contre l’État.

  • Conception moderne : Un crime est un acte défini juridiquement qui viole les valeurs légales.

  • L'approche de la Cour suprême : Un crime est un acte explicitement défini comme tel par la loi et impliquant une faute et une culpabilité.


3. Éléments constitutifs du crime

Un crime est constitué par la combinaison de plusieurs éléments. En doctrine juridique, on distingue généralement trois éléments :

  1. Éléments matériels

  2. Éléments spirituels

  3. Élément d'illégalité

En outre, certains auteurs incluent également les **« conditions de punissabilité »** parmi les éléments constitutifs du crime.


3.1. Éléments matériels

Il s'agit de l'aspect du crime observable dans le monde extérieur. Il comprend les sous-éléments suivants :

a) Verbe

  • Cela constitue le fondement du crime.

  • Il doit s'agir d'un comportement humain (action ou omission).

  • Par exemple : le vol, c’est-à-dire le fait de « s’emparer d’un bien meuble appartenant à autrui ».

b) Auteur

  • C'est la personne qui a commis le crime.

  • L’auteur de l’infraction ne peut qu’un être humain ; les personnes morales ne sont pas directement considérées comme auteurs de l’infraction au sens du Code pénal turc, mais sont soumises à des mesures de sécurité (Code pénal turc, article 20).

c) Victime

  • Il s'agit de la personne qui a subi un préjudice du fait de ce crime.

  • Dans les crimes qui portent atteinte à la société dans son ensemble, la « société » est considérée comme la victime ; toutefois, il peut également y avoir des victimes individuelles.

d) Sujet du crime

  • C'est ce vers quoi l'auteur oriente son action.

  • Par exemple : les biens dans les crimes contre les biens, les personnes dans les crimes contre les personnes.

e) Résultat

  • Dans certains crimes, l'accent est mis sur les conséquences de l'acte.

  • Exemple : décès résultant d'un homicide intentionnel.

f) Lien de causalité

  • Il doit exister un lien de causalité entre l'action et le résultat.


3.2. Éléments spirituels

Elle décrit l'attitude psychologique de l'auteur du crime face à celui-ci.

a) Intention (article 21 du code pénal turc)

  • Il y a crime lorsque l'auteur le commet sciemment et volontairement.

  • Intention directe : vouloir le résultat.

  • Intention probable : Dire « laissons faire » même si l’on prévoit la possibilité de ce résultat.

b) Négligence (article 22 du code pénal turc)

  • Il s'agit d'une situation où l'issue est imprévisible ou, même si elle est prévisible, indésirable.

  • On distingue deux types de négligence : la négligence simple et la négligence consciente.

c) Capacité de défaillance

  • La capacité de l'auteur à comprendre la signification juridique et les conséquences de l'acte commis (Code pénal turc, article 31).

  • Les enfants, les personnes atteintes de maladies mentales ou celles souffrant de déficiences temporaires ont une capacité de culpabilité limitée.


3.3. Élément d'illégalité

Un acte ne peut être à la fois licite et conforme à la loi. Pour qu'un acte soit considéré comme un crime, illégal .

Fondements de la licéité (articles 24 à 27 du Code pénal turc)

  • Légitime défense (article 25/1 du code pénal turc)

  • État de nécessité (article 25/2 du code pénal turc)

  • Exercice du droit (article 26/1 du code pénal turc)

  • Consentement de la personne concernée (article 26/2 du Code pénal turc)


3.4. Exigences en matière de responsabilité pénale

Dans certains cas, même si les éléments constitutifs de l'infraction sont réunis, des conditions supplémentaires sont requises pour la sanction.

  • Plainte : En cas de diffamation, une plainte de la victime est requise (article 73 du Code pénal turc).

  • Congé : Un congé administratif peut être requis pour le procès des fonctionnaires.

  • Délai de prescription : Empêche l'engagement de poursuites publiques.


4. Discussions du point de vue de la théorie criminelle

4.1. Théorie normative

Le crime est une combinaison d'illégalité et de culpabilité.

4.2. Théorie classique

Un crime se compose de trois éléments : l'acte, l'illégalité et la faute.

4.3. L’approche de la Cour suprême

Dans les arrêts de la Cour suprême, un crime est généralement défini comme un « acte licite et répréhensible défini par la loi ».


5. Exemples tirés des décisions de la Cour suprême

  • Cour suprême d'appel, Assemblée générale de la Cour de cassation, Affaire n° 2012/10-1300 E., Décision n° 2013/248 K.: Pour qu'un crime soit constitué, tous les éléments de la définition légale doivent être réunis.

  • Cour suprême, 18e chambre criminelle, affaire n° 2015/4209: S'il n'y a pas d'élément de gain financier dans le trafic de migrants, aucun crime n'est commis.

  • Cour suprême, 4e chambre criminelle, affaire n° 2006/11310: En cas de diffamation, aucune poursuite ne peut être intentée s'il n'y a pas de plainte.


6. Dimension internationale

  • La CEDH limite la notion de crime par le principe « pas de crime, pas de châtiment sans loi » (article 7).

  • Le Statut de Rome réglemente les crimes internationaux (génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre) comme une catégorie distincte.


7. Conclusion

La notion de crime est une pierre angulaire du droit pénal.

  • Éléments matériels → acte, auteur, victime, conséquence.

  • Éléments moraux → intention ou négligence.

  • Illégalité → absence de fondement légal.

  • Conditions de sanction → plainte, autorisation, délai de prescription.

Le crime sert à protéger non seulement les droits individuels, mais aussi l'ordre social. Tant la doctrine juridique que la jurisprudence de la Cour suprême considèrent la réunion complète des éléments constitutifs d'un crime comme une condition indispensable à la responsabilité pénale.

                                                                                                                                                                    Ada Ceren KENDİGELEN, étudiante en faculté de droit

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