Plainte et retrait de plainte devant le ministère public
Entrée
En droit pénal turc, les poursuites sont engagées par le procureur afin de préserver l'ordre public. Toutefois, pour certaines infractions, le consentement de la victime est requis pour engager des poursuites. Ces infractions « délits subordonnés à une plainte ». Dans ce cas, l'engagement des poursuites dépend de l'exercice par la victime de son droit de porter plainte.
Nature juridique de la plainte
Le dépôt d'une plainte est une condition préalable à l'engagement de poursuites pénales . Pour des infractions telles que l'injure, les voies de fait simples et les menaces, la victime doit porter plainte auprès du parquet ou des forces de l'ordre avant que des poursuites puissent être engagées. En l'absence de plainte, le parquet prononcera un non-lieu et aucune poursuite ne pourra être engagée.
Période de réclamation
Conformément à l'article 73 du Code pénal turc, le délai de plainte est de six mois. Ce délai est un délai de forclusion. Toute plainte déposée après ce délai est irrecevable et ne peut donner lieu à des poursuites.
Retirer la plainte
Après avoir exercé son droit de porter plainte, la victime peut se désister à tout moment de la procédure . En cas de désistement, les poursuites sont abandonnées . Toutefois, une exception est prévue : le défendeur doit consentir au désistement. En effet, le désistement constitue une amnistie pour l’auteur des faits, et l’accord du défendeur est donc indispensable
Les conséquences de l'abandon
-
Si la plainte est retirée, l'affaire est classée sans suite et le défendeur est acquitté ou bien il est décidé qu'il n'y a pas lieu d'imposer une sanction.
-
Le retrait est unilatéral, mais requiert l'accord du défendeur. Si celui-ci refuse, le procès se poursuit.
-
Le retrait de la plainte s'applique à tous les défendeurs; le plaignant ne peut pas se retirer contre certains défendeurs et poursuivre sa plainte contre d'autres.
Poursuites publiques – Différences dans les crimes engagés d’office
Dans les affaires de crimes poursuivis d'office, le retrait de la plainte par la victime n'entraîne pas l'arrêt des poursuites. Par exemple, dans des affaires telles que l'homicide volontaire ou le trafic de stupéfiants, même si la victime retire sa plainte, l'État poursuit l'affaire au nom de l'ordre public.
Pratique de la Cour suprême
Comme l'ont souligné les arrêts de la Cour suprême, la plainte doit être déposée dans le délai prescrit, le désistement ne peut être effectif qu'avec l'accord du défendeur, et la déclaration de désistement doit être claire et sans réserve. À défaut, le tribunal ne prononcera pas l'abandon des poursuites.
Conclusion
En matière de poursuites pénales, le dépôt d'une plainte est une condition préalable à l'ouverture de poursuites pour certaines infractions. Le défaut d'exercer ce droit dans le délai imparti empêche l'ouverture des poursuites. Le retrait de la plainte constitue toutefois un mécanisme efficace permettant de mettre fin au procès. Ce retrait n'est possible qu'avec le consentement du prévenu. Ainsi, en matière pénale, la volonté de la victime et les droits du prévenu sont protégés.